Prendre du plaisir à travers l’humiliation ?

janvier 25, 2010 at 14:39, Category: BDSM

Je vais vous parler d’une pratique couramment utilisée dans le cadre bdsm : l’humiliation.
On peut aussi l’appeler l’humiliation érotique.

Qu’est-ce que l’humiliation ?
L’humiliation, c’est faire apparaître quelqu’un comme inférieur, méprisable, par des paroles ou des actes qui sont interprétés comme abaissant sa dignité. Elle se caractérise par un sentiment de honte et déclenche souvent de la colère ou de la révolte.

J’ai mis un peu de temps avant de comprendre la nuance du plaisir que peut provoquer l’humiliation. Comme j’adhérais aux pratiques bdsm volontairement et avec un enthousiasme certain, je ne concevais pas pouvoir ressentir de la gêne ou de la honte, de la timidité peut-être parfois, mais sans plus. En fait, c’est bien plus subtil que ça.

C’est le côté psychologique de l’humiliation, qui bien dosé, joue un rôle plus ou moins grand sur l’excitation sexuelle. La personne dominée, rabaissée, va prendre autant de plaisir que la personne qui lui inflige ces humiliations.

Pratiquée avec de mauvaises personnes ou n’importe comment, l’humiliation peut avoir des effets dévastateurs sur le psychisme, soyez-en conscients.

L’humiliation peut être soit verbale, soit physique, du plus soft au plus hard.

L’humiliation verbale fait souvent référence aux insultes et surnoms utilisés pour abaisser l’autre (salope, pute, esclave, chienne, traînée, petit(e) con(ne), …) ou aux moqueries sur le physique et les manières (petite bite, gros cul, regarde-toi, comment peux-tu être aussi maladroit(e) ?, …). Cependant, il existe d’autres moyens très efficaces comme l’obligation de demander la permission pour toutes actions de la vie courante (pour aller aux toilettes, pour manger ou boire, …) ou l’obligation de flatter à l’excès les décisions et les qualités du « dominant » (ta/votre décision est la meilleure, tu/vous êtes le plus beau, le plus intelligent, ..) ou encore l’obligation de répéter les ordres ou affirmations pour les confirmer. (Tu es ma chienne et tu vas … ! = Je suis ta/votre chienne et je vais …).

L’humiliation physique est quant à elle souvent connue à travers certains rituels comme l’obligation de marcher en retrait, de se mettre à genoux ou de se prosterner devant la personne dominante, n’être autorisé à parler que lorsqu’on est adressé la parole, embrasser (ou lécher) les pieds ou les bottes, les jeux de rôles (chien, cheval, prostitué(e), bébé, femme de ménage, …), les restrictions vestimentaires (sortir sans sous-vêtements mais avec des boules de geisha, port d’un collier, de cuir, de latex, féminisation pour les hommes, ou simplement l’obligation d’être nu(e), …), la punition (aller au coin, recevoir la fessée, utilisation du fouet, ..), l’objectification (servir de meuble, de table, de chaise, de pose-pieds, …), l’obligation de demander la permission pour avoir un orgasme, les tâches commandées ou devoirs (actions à accomplir en suivant scrupuleusement les instructions, comme faire son ménage en telle tenue, s’asseoir à genoux en répétant telle phrase, se masturber dans telles conditions et ce souvent en dehors de la présence du dominant), l’utilisation d’une ceinture de chasteté, le port de baillons (bâillon boule, bâillon cheval, string ou bas nylon en bouche, …), le port d’une ceinture de chasteté, …
L’humiliation physique peut aussi s’exprimer de façon plus dégradante comme l’exposition dans des positions humiliantes (entièrement nu(e) en position assise les jambes écartées, …), l’esclavagisme sexuel sans recevoir de plaisir en retour (massages, fellations, cunnilingus, ..), les crachats à la figure, l’éjaculation faciale, uriner (et plus encore …) sur le corps de l’autre, …

L’humiliation devient publique lorsqu’il y a des témoins (soirées privées, clubs spécialisés, …).

Petit rappel : Il est absolument nécessaire de discuter des limites de chacun et de convenir de safewords (mots de sécurité) qui permettront à la personne « soumise » de pouvoir alerter son/sa partenaire qu’elle a atteint ses propres limites, qu’elles soient physiques ou mentales.

Connaissiez-vous l’humiliation comme pratique sexuelle ?
L’avez-vous pratiqué ou en avez-vous envie ? (dans l’un ou l’autre rôle)
Avez-vous des expériences à partager avec nous ?
Trouvez-vous cela dégradant ou pas du tout ?
Qu’en pensez-vous ?

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User Comments

  1. Fb la sexy ! Says...

    On février 6, 2010 at 14:41

    Je ne trouve pas cela dégradant, et je conçois totalement que cela apporte du plaisir.

    L’essentiel est de parfaitement se connaitre dans le couple, de savoir quelles sont les limites de l’autre, et, surtout du coté du « dominant », de parfaitement se maitriser et de savoir quand s’arrêter.

    A titre personnel, c’était plutôt « soft » dans mon couple.
    On a découvert ces pratiques ensemble, on a essayé ensemble, on a aimé, et donc recommencé :D
    Et plus le temps est allé, plus elle était quémandeuse d’humiliations.

    Et puis, quand on a eu l’impression d’avoir fait le tour de nos limites, ces jeux un peu particulier se sont raréfiés. Mais on en retirait toujours un plaisir certain !

    Pas de « safeword », même si on en avait décidé un au départ, il n’a jamais servi, et je pense qu’elle et moi l’avons même oublié ! On se connaissait suffisamment pour ne pas dépasser les bornes :)

  2. Yuki Says...

    On février 6, 2010 at 14:42

    L’humiliation est bien une facette difficile pour moi de le supporter.
    Je suis bien trop fière de ma personne dirais-t-on bien
    ou trop emprisonnée dans la luxure de la facilité.

    Par contre, je côtoie des gens qui adore ça et qui n’attendent que ça, c’est une perversité comme une autre.

  3. Diabo Says...

    On février 6, 2010 at 14:42

    Je pense qu’il est important de bien se connaître soi-même et l’un l’autre. Il faut en discuter suffisamment, et y aller petit à petit. Si on a un complexe sur son physique, on va éviter que l’humiliation vise le physique. Il est aussi important de ne pas pratiquer l’humiliation avec le premier venu, on risque alors de tomber sur quelqu’un qui pourrait être peu soucieux des répercutions sur la santé mentale.

  4. Faiko Says...

    On février 6, 2010 at 14:43

    L’humilation peut aussi être imposée par la contrainte : avec un collier relié par une chaîn à une cheville, par exemple, on ne peut se relever et cela oblige à se déplacer courbé ou à quatre pattes.

    Est-ce dégradant ? Bien entendu, mais n’est-ce pas un peu l’effet recherché ? Se retrouver dans des situations où l’on se sent inférieur à l’autre, éprouver de la gêne (à se montrer tout nu …), de la honte, c’est tout de même une souffrance psychologique, mais une souffrance voluptueuse.

    Quant à savoir ce qui peut expliquer que chez les personnes qui recherchent l’humiliation le plaisir l’emporte sur la souffrance, rien de moins évident.

    Je me risquerai à une petite tentative d’explication : je pense qu’il y a derrière tout masochisme un sentiment de culpabilité, l’idée d’une faute que l’on cherche par tous moyens à expier. Ainsi, celui qui subit ces humiliations et traitements dégradants a quelque part le sentiment de le mériter (punissez-moi parce que j’ai fauté). D’un cîté on souffre, physiquement ou mentalement, mais de l’autre on croit s’alléger du poids d’une « faute », ou du moins d’un sentiment de culpabilité (dont il est parfois bien difficile, voire impossible, de trouver l’origine).

  5. Ilas Says...

    On février 6, 2010 at 14:43

    La personne qui humilie, comme le dit aussi epsilon, prend du plaisir à se sentir supérieur à l’autre, à avoir un certain pouvoir sur l’autre, à se sentir valorisée, par le fait d’être adulée, mais aussi par le plaisir que prend la personne « soumise » à être humilée.

    La personne humiliée prend du plaisir à se sentir inférieur à l’autre, d’être utilisée comme un objet, à ne plus être maître de ses décisions, d’être entre les mains de l’autre, de devoir se rabaisser devant l’autre, et peut-être aussi par ce moyen de se détacher d’elle-même …

    Que l’humiliation soit privée ou publique ne change rien dans la nature des ressentis. Le fait d’avoir des témoins peut amplifier le sentiment d’humiliation pour les 2 partenaires.
    L’exhibitionnisme peut aussi jouer sur l’intensité du plaisir.

    L’humiliation peut-être une fin en soi ou pas, il n’y a pas d’obligation, de règles. Chacun pratique comme il veut selon ses désirs et ses attentes. L’humiliation peut être un prologue à d’autres jeux mais elle peut aussis se suffire à elle-même.

  6. Waynes Says...

    On février 6, 2010 at 14:44

    Je rejoins beaucoup epsilon dans son explication.

    Si on joue à ces jeux avec mon partenaire, c’est aussi pour le plaisir d’expier une faute.

    Et parfois, on s’amuse à se chercher, à s’humilier réciproquement, pour pimenter le jeu – du moins au commencement. On se met volontairement en faute dans notre posture de dominé pour amener la punition, et le courroux (toujours surjoué) du dominant.

    Cela me plaît de lui faire remarquer ses fautes de français, de lui faire remarquer qu’il n’est pas assez « classe » pour être dominant, au début du jeu. *Lui aussi doit travailler pour mériter ma soumission en somme.* En retour de ma prétention, de ma provocation, il sera plus ferme, plus prédateur dans sa domination, juste par revanche… Et c’est véritablement à ce moment que je vais apprécier de me rendre à son pouvoir…

    Ce que je savoure en tant que dominante, c’est le contrôle. Contrôler l’autre, ses désirs, ses envies, ses pulsions pour l’amener à se surpasser – à dépasser ses limites. Je ne me sens pas spécialement valorisée s’il m’appelle Maîtresse. Je ressens du plaisir par cette envie lorsqu’il exprime le fait qu’il se rende. Qu’il fasse de moi celle qui décidera de ce qu’il fera – de ce qu’il sera en fin de compte, de son plein gré. Ce que je rechercher à ce moment, c’est cet abandon de lui-même, cette passation de pouvoir, et quelque part, cette confiance immense qu’il m’accorde.

    C’est à double tranchant aussi. Si le soumis ne réussit pas à faire plaisir à son Maître ou sa Maîtresse, dans notre cas en tout cas, je trouve que la blessure la plus douloureuse à porter est surtout celle de se sentir incapable, trop mauvais pour réaliser ce que l’on attend de nous. Sans particulièrement avoir subi la pression du dominant, juste en étant, à la base, exigeant avec soi-même.

    De mon point de vue, il y a forcément des choses que je ne ferai pas, dominante ou dominée. Tout simplement parce que je pense qu’on ne recherche pas ce renoncement à notre condition d’humain… Et parce que mon but est avant une recherche de confiance, plutôt que de dégradation en tant que telle.

    En espérant avoir apporté quelque chose qui n’ait pas déjà été dit !

  7. Maniac Says...

    On février 6, 2010 at 14:44

    Il va de soi que ces jeux sont à manier avec précaution. Avec des mots on peut faire très mal, plus qu’il n’en faut. De même qu’avec la domination physique on peut causer à la personne soumise des dégâts irreversibles. Le soumis aussi doit être conscient de ses propres limites et ne pas s’imposer pour un plaisir momentané des souffrances qu’il risqueraient de ressentir longtemps et, hors contexte, deviendraient particulièrement pénibles.

    S’il est nécessaire que le dominant soit crédible dans les humilations qu’il impose, et donc que le dominé ait vraiment le sentiment d’être un moins que rien durant le « jeu », il faudrait que ce sentiment s’estompe vite après la fin du jeu, ce qui n’est pas toujours évident. Je pense que le jeu contamine toujours, d’une manière ou d’une autre, la réalité. On ressort d’une séance pas totalement indemne mais avec des blessures.

    Et puis il y a le retour de balancier : on ressent parfois comme une injustice d’avoir été rabaissé de la sorte, on veut rendre un peu de la souffrance qui nous a été infligée. Il arrive donc que le soumis devienne le bourreau de sa Maîtresse (en lui adressant des reproches, en lui montrant de la mauvaise humeur ou de la mauvaise volonté).

  8. Alexixxx Says...

    On février 6, 2010 at 14:45

    Petit souvenir d’une séance avec Maîtresse Y. : au début de chaque séance, je devais me dévêtir entièrement et jeter toutes mes affaires dans un coin de son donjon. A la fin de l’une de ces séances où j’étais resté un long moment attaché, elle vint me libérer. Elle revenait de son déjeuner et me dit « je t’apporte le dessert ». Elle tenait deux prunes dans ses mains. Elle les jeta au sol et les écrasa sous ses escarpins. Elle m’ordonna alors de me mettre à quatre pattes et de lécher la semelle de ses chaussures jusqu’à ce qu’elle soit propre. Je dus ensuite manger à même le sol ce qu’il restait des prunes, sur lesquelles elle avait envoyé un crachat et lécher le sol jusqu’à ce qu’il n’y ait plus trace des deux fruits.
    Je ne me suis pas tout de suite rendu compte de la symbolique sexuelle de ces deux boules écrasées sous son talon, sinon je crois que l’humiliation n’en aurait été que plus intense.

  9. Mathilde Says...

    On février 6, 2010 at 14:46

    Je comprends ..

    Je crois que tout est permis mais que, oui, il FAUT que ce soit dans un respect mutuel et dans le désir de donner du plaisir plus que d’en prendre. En tous cas, de veiller à ce que ce soit un partage.

    La palette des pratiques amoureuses est riche, je l’ai toujours comparée à un vocabulaire, une langue spécifique. Et dans cette « langue » plus on a de vocabulaire, mieux on maîtrise la grammaire et la conjugaison et plus on connait de « conversations amoureuses » d’une grande richesse.

    Et moi, la conversation … je suis POUR !

  10. diego Says...

    On février 6, 2010 at 14:47

    De mon point de vue non plus, je ne vois pas cela comme quelque chose qui dois tourner autour de la faute, du fait de rabaisser pour le plaisir de rabaisser / d’être rabaissé. Et c’est tant mieux, car pour ce genre de choses il n’existe pas UN schéma général qui soit applicable à tous. Il y a un certain nombre de personnes qui se retrouvent dans cette vision de la pratique, d’autres ont une vision différente.

    Au final, il n’y a pas une pratique/vision de celle-ci qui soit plus légitime ou meilleure qu’une autre, elles se valent les unes les autres car elles sont mises en oeuvre par des personnes qui partagent ensemble une même vision et qui agissent en conséquence.

    Mes question de tout à l’heure étaient un peu liées à ça, c’était pour mieux comprendre la manière dont vous appréhendez cette pratique, car je la vois d’une autre manière et ça m’intéresse de voir comme vous, de votre point de vue, la voyez. De mon point de vue, les situations « humiliantes » sont un appui sur lequel s’appuie la personne soumise pour tâter ses limites, s’y confronter et apprendre à aller un peu plus loin, mieux se connaître en somme. C’est quelque chose qui a mon sens aide en un sens la personne à se construire davantage et à s’enrichir intérieurement, même si ça se fait d’une manière plus ou moins implicite.

  11. BDSM ADDICTED Says...

    On février 6, 2010 at 14:47

    Tout dépend pour l humiliation verbale le degré de l interlocuteur considéré : un salope de base ne touche que les coprolaliques et provoque plus une forme de plaisir que de blessures, les deux étant liées , soit En revanche, une humiliation mentale calculée sur le passé du soumis, le psychisme, les refoulements est risquée mais reste à savoir si ce type de verbe, pratiqué consciemment (et non v’la le paradoxe) par les pseudos dominants (chefs d entreprise en crise autoritarisme , pseudo supériorité que l’on passe en pure méchanceté en attedant d aller voir maman fessée avant bobonne j ai réunion ) reste purement méchante et sans aucun but que la brimade. Ce type de verbe calculé par la volonté de blesser n’est reservé qu’aux faibles (dans les deux cas) . En revanche, et nous savons qu une soumise domine tout autant qu’un dominant, les mots choisis entre intensité et plaisirs , même durs, peuvent être appliqués à bon escient, je vous en prie , dans le cadre d’une relation; De là à fouiller chez l autre les peurs de jeunesse, de raviver les tabous d incestes avecp our simple but de voir la souffrance de l autre pour son propre plaisir ne relève pas du masochisme (si pur me direz vous) mais d’une forme de connerie généralement répandue. Demandez à un switch , le meiux placé pour savoir. En tant que prosateur , je sais que les mots, plus forts que les actes peuvent s allier au plaisir mais que le débordement e la vision de l humiliation peut rapidement sombrer, comme dans trois quarts des relations bdsm , à du grand guignol…Je passe ici les formalités conventionnelles usitées et éculées (non je N’ai ri oublié ) du genre appelle moi Maître espèce di counasse et autres schémas types qui ne révèlent en rien l intensité de ce que peut être une relation à laquelle parfois le non verbal se subtitue
    (cinq minutes pour faire cela. Je vais fumer une cigarette)

  12. Falus Says...

    On février 6, 2010 at 14:48

    Le concept de la faute. C’est pourtant tellement fort qu’aucun dominant au monde, je pense, ne peut pratiquer son art sans se servir de ce ressort, qui fonctionne très bien chez le soumis : « tu as deux minutes de retard, tu as mal essuyé la vaisselle etc … Cela mérite une punition ! ». Le soumis répond rarement « franchement là t’abuses, on n’est pas à 2 mn », mais plutôt un truc du genre « oui je suis en retard, votre punition est juste, merci de me châtier pour cela etc… ».
    Pourquoi active-t-on si souvent ce ressort : faute -> punition ?
    En faisant cela, ne réanime-t-on pas quelque chose de profond dans le psychisme du soumis ou du masochiste (car on peut être masochiste sans être soumis) ?

    Cette vision n’est ni scientifique ni ne prétend à l’universalité. C’est cependant une explication au masochisme qui me paraît assez satisfaisante.

  13. baillon Says...

    On juillet 22, 2010 at 12:44

    C’ert pour ca que j’aime le sm. Le bâillon, rappelle la muselière des animaux, cette symbolique dénote le contrôle et la punition, et place le soumis en position animal.
    Tous ces critères favorisent le développement d’humiliation si excitant dans une relation SM.

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