Glorification du dominant et Humiliation du dominé
Il y a peu, je me faisais cette réflexion que le fétichisme/BDSM, au sens générique le plus large, pouvait être envisagé comme un espace à plusieurs dimensions. En effet, pour faire simple (je ne m’attarderai pas ici sur les définitions), il y a le bondage (ou l’art de la contrainte), la D/s (l’art de l’autorité), le SM proprement dit (l’art du fouet), le fétichisme (adoration). Tout cela peut être vécu soit séparément, de manière bien distincte (exemple : une performance shibari sans relation de domination entre les protagonistes, un fétichiste des pieds non soumis …), soit en combinant ces éléments (exemple: un soumis fétichiste des pieds qui aime être attaché et recevoir des ordres de sa Maîtresse ponctués de bons coups de martinets).
Mais il existe, selon moi, une dimension supplémentaire. Je ne sais encore comment la nommer et éprouve, d’ailleurs, quelques difficultés à la définir clairement (si vous pouvez m’y aider, je vous en remercie). Je vais tout de même tenter de l’exposer ici. On pourrait parler de glorification (du dominant) / humiliation, rabaissement, avilissement (du dominé). J’emploie donc, provisoirement, le sigle G/h pour désigner cette dimension. Sans perdre de vue qu’il s’agit d’un jeu (bien que dans certains cas celui-ci prenne une telle place qu’il finit par se confondre avec la réalité), dans la D/s, les rôles sont répartis de manière bien définie. Cette répartition implique un certain rapport de supériorité de l’un sur l’autre : l’autorité conférée à l’une des parties est justifiée par sa supériorité supposée, fantasmée, simulée.
La G/h serait donc, d’une certaine manière, la déclinaison visuelle, esthétique, artistique du rapport D/s. On comprend dès lors que l’humilité du soumis, dans son apparence, sa position, son attitude, est le moyen de mettre en évidence, de souligner, de magnifier la supériorité du dominant.
Il n’est pas rare que dans les jeux BDSM on cherche des situations qui mettent en évidence, subliment, amplifient, ce rapport de “supériorité/infériorité” entre deux êtres, ce qui implique, évidemment, un certain goût de la mise en scène et l’usage de toute une symbolique.
Après ce petit exposé, j’en viens à la question que je voudrais poser : si vous deviez imaginer une scène comme celle-ci ou la mettre en scène, la chorégraphier, la photographier, pouvez-vous décrire, en quelques mots, celle qui selon vous montrerait de la manière la plus belle, la plus éclatante, cette “supériorité” ? Comment voyez-vous habillés les personnages ?
Je pense bien sûr à celui montrant la Maîtresse et son esclave, mais libre à vous de décrire le scénario qui correspond le mieux à vos fantasmes.
Je m’inspirerai des réponses que vous me ferez pour tenter de réaliser une photographie dont je posterai le résultat sur le site de LTX (à condition que cela soit réalisable et montrable, naturellement)
Popularity: 33% [?]
No related posts.
La liste des entrées complémentaires est établie par le module d’extension YARPP.
Tags: domination, humiliation, lexique
février 6th, 2010 at 14:23
je comprends ce que tu veux dire… cette essence passe par le regard, la posture, et est un art esthétiquement sublime lorsqu’elle est vérifiée…
février 6th, 2010 at 14:23
oula je repasserai ce soir quand mon esprit sera en etat de penser à autre chose qu’à cet aprem:)
( et oui, c’est samedi après midi la ! )
février 6th, 2010 at 14:25
personnellement , je ne vois pas trop ou tu veux en venir…
pour moi , la Glorification, c’est de la Domination exacerbé qui vire dangereusement vers le Narcissisme, et l’Humiliation, c’est de la soumission qui dépasse les limites du soumis. j’ai presque envie de dire que ce n’est ni plus ni moins qu’un rapport D/s que l’on pourrait qualifier d’extrême et qui va plus loin (trop loin je dirais même)
Par exemple , l’humiliation d’autrui , je trouve que la notion de respect du soumis , et le fait d’être le dominant qui , au final ne fait que lire ce que le soumis lui “exige”, cette notion là vole complètement en éclat….
je ne sais pas si je suis très clair mais être glorieux , le plus beau , le plus grand , face a autrui , a terre , humilié dans son âme et sa chair…. le cote jeux , désir , sensualité me semble moins….. marqué et toute la candeur et le plaisir des relations BDSM s’y trouvent quelque peu faussée… comme si la “limite” avait été dépassée et que l’on sombrait non plus dans la sexualité, mais juste l’affirmation froide de sa supériorité…. ce qui peut devenir, toujours a mon sens, quelque chose de malsain.
février 6th, 2010 at 14:27
Désolé david, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi.
Enfin, je peux comprendre que tu trouves cela malsain, il y a peut-être, en effet, quelque chose de malsain dans ce jeu, de … dangereux ? Dans le BDSM il y a toujours une part qui nous échappe, où on flirte avec nos limites, où on dépasse parfois largement les limites, disons du socialement correct (ce n’est pas pour rien que l’on ne pratique ces jeux qu’en privé ou dans des lieux spécifiques).
Pour ma part, l’idée que deux êtres se définissent la supériorité de l’un sur l’autre devient malsaine et dangereuse quand il n’y a plus de cadre qui délimite le jeu. Par exemple, une soumission 24H sur 24, indéfiniment, avec la quasi-impossibilité de pour l’un de rompre la relation. A ce moment ça devient de l’esclavage pur et simple.
Il est évident que les jeux de SM, de D/s, de “G/h” (pardon pour ce barbarisme), appelez-les comme vous voudrez, ne sont pas dangereux en tant que tels mais ils le deviennent quand cela va “trop loin”. C’est une question de limites inhérentes à chacun de nous, à définir et à respecter de part et d’autre.
Pour moi, quand le jeu englobe la vie entière d’une personne (soumission 24H/24), ce n’est plus un jeu, il n’y a plus de vie sociale, tous les droits du soumis sont niés sous prétexte d’une prétendue supériorité du dominant (y compris, pourquoi pas, les droits politiques), et cela n’est plus tolérable.
février 6th, 2010 at 14:28
Si vous pensez que ces pratiques comportent des risques : oui elles en comportent, il ne s’agit pas de le nier. Il faut au contraire en être conscient.
Les risques sont aussi bien physiques que mentaux, c’est bien pour cela qu’on ne pratique (en théorie) qu’entre adultes responsables.
Après tout on joue avec des fantasmes puissants qui peuvent à haute dose avoir des effets dévastateurs : le pouvoir absolu, l’humiliation … Il est évident que ces fantasmes doivent être manipulés avec précaution, et toujours en gardant un certain recul. Pour cette raison, je crois qu’il faut toujours garder un certain second degré, son sens de l’humour, dans le SM. Ça dédramatise la situation, en quelque sorte
Le risque d’aller trop loin, de se croire vraiment sans valeur devant une autre personne ou au contraire tout-puissant, en d’autres termes de rentrer un peu trop bien dans son rôle de dominant ou de dominé, tout cela existe, mais pas plus après tout que dans un jeu de rôles : si vous aimez le rôle du guerrier barbare des temps anciens, vous pouvez vous faire un look viking, ça ne porte préjudice à personne et c’est plutôt mignon. Les ennuis commencent lorsque, ne faisant plus la différence entre le jeu et la réalité, vous vous mettez à découper les gens à la hache quand ils vous bousculent au supermarché.
C’est peut-être pour cela que j’aime jouer mon rôle à fond et revêtir mes habits de soumis lorsque je suis dans le cadre adéquat, pour faire la part des choses, parce qu’une fois que j’ai remis ma tenue civile, je n’ai plus envie d’être considéré comme un soumis. Du moins ce n’est pas le signal que j’envoie aux autres. Euh … je sais pas si c’est très clair, tout ça
février 6th, 2010 at 14:29
[Quelle belle propa!]
Je ne vois pas qu’une seule scène et c’est bien difficile de choisir d’autant plus que selon le sexe du soumis je ne vois pas pareil.
L’intensité du regard du soumis, sa posture, son changement de voix inconscient qui le met dans son personnage font que c’est très intime et me semble difficilement réalisable en une photo.
Si je devais garder 2 choses pour une telle photo Maîtresse/soumis ce sera axé sur le regard du soumis et sa nudité, une prise de vue de haut comme si cette photo était le regard de la Maîtresse sur celui-ci. Ca doit représenter un abandon, une confiance absolue et une attente.
Nan vraiment difficile à exprimer…
février 6th, 2010 at 14:29
g/h ?! j’y vois quelque chose de plus cérébrale qu’une relation d/s clasique et pas du tout plus extrême.
“Extrême” pour moi ce serait plutôt lorsque le jeu laisse des traces qui apparaissent dans la vie “extérieure”, comme une épilation, un bijou, une ecchymose.
Là en l’occurence, je trouve cela plus naturel si l’ascendant passe par la posture, la position, la voix, le regard. Quand je vois les mannequins défilés j’y vois une forme de domination naturelle par la démarche, “le planté de talon” franc et assuré, le menton en avant, l’attitude détachée et froide ; et ça sans cravacher le reste de l’humanité. De même pour un gratte ciel, par le côté massif et les dimensions sans commune mesure avec les bâtisses avoisinantes, l’ascendant est naturel, la vocation première est la domination.
si c’était une photo ce serait celle ci : http://thadeus.free.fr/1.jpg il me semble que c’est Ellen Von Unwerth l’auteur mais je ne suis plus sur…
belle propa effectivement
février 6th, 2010 at 14:30
Splendide !
Quant à moi si je devais décrire une scène qui magnifierait cette idée, ce serait sans doute celle d’une soumise debout, surplombant son dominateur, ayant sans doute même le pouvoir (la cravache ou les chaines?) en main…
Celle-ci aurait le regard fuyant, incapable d’apprécier le rôle qui lui est librement donné par le Maitre.
Une image d’inversion des rôles ou les regards symboliseraient les rôles véritables…
Peut-être qu’en un film de quelques secondes on pourrait voir les tremblements de la soumise et entendre le rire non dissimulé du Maitre amusé d’avoir ainsi pu mettre l’ingénue face à miroir sans pour autant avoir relâché les liens mentaux ^^
Bref je ne sais pas si je suis claire ^^
février 6th, 2010 at 14:30
Fb la sexy !, alors ça c’est original. Je ne voyais pas les choses comme ça mais pourquoi pas. C’est vrai que je me sentirais pas très malin en train de brandir une cravache tenant ma Maîtresse en respect :p
Thadeus, je comprends bien ce que tu veux dire pour le mannequin de défilé, mais là il manque un autre élément de la photo : le soumis
Le soumis n’est-il pas un piédestal idéal pour souligner la majesté de la Maîtresse ?
février 6th, 2010 at 14:31
“Le soumis n’est-il pas un piédestal idéal pour souligner la majesté de la Maîtresse ?”
=> Et l’inverse aussi !
Ceci dit je serais assez amusée de t’imaginer tenant ta maitresse en respect ^^
Surtout en boxer (ou autre !)
C’est dans les yeux ou la voix que ça doit être le plus marquant, les règles n’ayant pas changé, jsute un ordre donné ^^
*savoure*
février 6th, 2010 at 14:32
Je comprends bien, mais trop de gens se cachent derrière des artifices, parfois pour masquer certaines lacunes dans la réelle capacité de dominer, ou même de se soumettre.
Puisqu’il est ici question de D/s et non pas de SM, on pourra parer tant qu’on veut la maîtresse de costumes extravagants et contraindre le soumis par des instruments divers, pour moi, l’essentiel passe dans les yeux et postures des protagonistes.
Maintenant, évidement une maîtresse en jogging c’est bien moins crédible qu’une Dom en tailleur talons aiguilles et corset je te l’accorde :p